Un rappel d'Allah au moment oĂč j'en avais le plus besoin đ©ïž
Pendant des mois, je me suis battue contre de terribles waswasas â ces pensĂ©es intrusives et vicieuses qui me faisaient douter de ma foi et mĂȘme de l'existence d'Allah, astaghfirullah. Elles me terrifiaient. Chaque fois qu'elles surgissaient, je les repoussais violemment, sans vouloir leur accorder un seul instant. MalgrĂ© cette guerre intĂ©rieure, j'ai continuĂ© ma salat, mon jeĂ»ne, la lecture du Coran et mes dou'as. Mais au fond, j'Ă©tais toujours inquiĂšte : et si ma foi s'affaiblissait ? Quand Ramadan est arrivĂ©, j'ai pensĂ© que ça irait mieux. Au lieu de ça, c'est devenu pire. Parce que je lisais plus le Coran et que je rĂ©flĂ©chissais plus profondĂ©ment, les pensĂ©es se sont en fait intensifiĂ©es. J'avais l'impression que mon propre esprit attaquait ma foi. Je savais que ces chuchotements venaient de Shaytan, mais le savoir ne les arrĂȘtait pas. Le plus dur, c'Ă©tait de sentir parfois que mes actes d'adoration n'Ă©taient qu'une routine mĂ©canique. J'avais peur de perdre ma connexion avec Allah. J'ai tellement pleurĂ© pendant ces jours-lĂ . Je m'asseyais et je suppliais : 'Ya Rabb, s'il te plaĂźt, ne me retire pas ma foi. Tu es tout ce que j'ai. Je ne peux pas Te perdre. ProtĂšge ma foi, je t'en prie.' En parallĂšle, il se passait autre chose. Je dirige une petite entreprise, et quelques mois plus tĂŽt, je m'Ă©tais inscrite Ă un grand marchĂ© qui devait avoir lieu lors des derniĂšres nuits de Ramadan, dont une nuit impaire. J'avais payĂ© ma place, passĂ© des mois Ă prĂ©parer mon stock, et j'Ă©tais super excitĂ©e â c'Ă©tait un Ă©vĂ©nement que je voulais intĂ©grer depuis des annĂ©es. Et puis, soudain, Ă cause de choses indĂ©pendantes de ma volontĂ©, j'ai rĂ©alisĂ© que je ne pouvais plus y aller. J'Ă©tais complĂštement anĂ©antie. J'avais tellement travaillĂ©, imaginĂ© l'apparence de mon stand, les gens que je rencontrerais⊠et en un instant, tout s'Ă©tait envolĂ©. Pendant des jours, j'Ă©tais bouleversĂ©e et renfermĂ©e, avec l'impression que tout cet effort Ă©tait gĂąchĂ©. Je faisais des dou'as : 'Ya Allah, si c'est un bien pour moi, ouvre-moi une voie pour pouvoir y assister.' Mais une partie de moi se sentait Ă©trangement apaisĂ©e Ă l'idĂ©e de le rater, sachant qu'il y aurait de la musique forte durant une nuit impaire. Alors j'ai aussi priĂ© spĂ©cifiquement : 'Ya Allah, si je ne suis pas destinĂ©e Ă y aller, ne permets pas que je le regrette.' Le jour de l'Ă©vĂ©nement, j'ai vu les mises Ă jour en ligne â tout le monde installait de beaux stands, montrait ses produits, Ă©tait surexcitĂ©. Mon cĆur s'est serrĂ©. Ce sentiment de manquer quelque chose m'a envahie, et je n'arrĂȘtais pas de penser : je devrais ĂȘtre lĂ -bas. Cette nuit-lĂ , pendant la salat, tout a jailli. J'ai pleurĂ© en sajda et j'ai dit Ă Allah exactement ce que je ressentais : 'Ya Allah, je ne veux pas regretter d'avoir manquĂ© ça. S'il te plaĂźt, ne me laisse pas sentir que j'ai perdu quelque chose qui m'Ă©tait destinĂ©.' Puis quelque chose d'incroyable s'est produit. De nulle part, une Ă©norme tempĂȘte avec orage a frappĂ© â quelque chose qui n'arrive presque jamais ici. Le vent Ă©tait terriblement fort, les arbres se brisaient, les fenĂȘtres volaient en Ă©clats, la pluie tombait Ă torrents, c'Ă©tait le chaos. Quelques heures plus tard, les nouvelles sont arrivĂ©es : le marchĂ© entier avait Ă©tĂ© dĂ©truit par la tempĂȘte. Les stands effondrĂ©s, les stocks ruinĂ©s, les vendeurs avaient tout perdu, certaines personnes Ă©taient blessĂ©es, et l'Ă©vĂ©nement Ă©tait annulĂ©. Quand j'ai vu ça, j'Ă©tais sous le choc. L'Ă©vĂ©nement dont j'avais tant pleurĂ© la perte⊠s'Ă©tait transformĂ© en catastrophe. Plus tard dans la nuit, j'ai ouvert le Coran Ă la Sourate Ar-Ra'd. J'ai lu la traduction et je suis restĂ©e figĂ©e â elle parlait du tonnerre et des tempĂȘtes. Je ne savais mĂȘme pas que 'Ra'd' signifiait 'tonnerre' avant de vĂ©rifier. AprĂšs des mois Ă combattre mes doutes et Ă supplier Allah de protĂ©ger ma foi, ce moment m'a profondĂ©ment touchĂ©e. J'ai eu l'impression qu'Allah me rappelait qu'Il entend chaque dou'a, mĂȘme ceux que nous chuchotons Ă travers nos larmes. Depuis cette nuit-lĂ , alhamdulillah, ma foi me semble plus forte qu'elle ne l'a Ă©tĂ© depuis trĂšs longtemps.