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Lutte avec le décès de mon frère

Salam alaykoum tout le monde. Je ne sais pas trop si je cherche un conseil ou si j’ai juste besoin de vider mon sac, mais j’ai beaucoup de choses en tête. Aujourd’hui, ça fait deux mois que mon petit frère, à peine 21 ans, a quitté ce monde. Il rentrait de la mosquée après la prière d’Isha quand une voiture l’a percuté et ne s’est pas arrêtée. On ne l’a su que le lendemain, parce que nous, les sœurs, on est toutes mariées, on vit avec nos maris, et c’est lui qui s’occupait de notre mère. Il avait cinq ans de moins que moi, il galérait mentalement, émotionnellement et financièrement - notre père et notre belle-mère ne l’ont jamais soutenu après qu’il a fini le lycée à 17 ans. Un peu de contexte : notre mère souffre de schizophrénie sévère et ne peut pas s’occuper d’elle-même, encore moins des enfants. Quand elle a été diagnostiquée il y a des années, elle et notre père ont divorcé, et elle est allée vivre chez sa mère, qui s’est occupée d’elle pendant 20 ans. Alors à 17 ans, mon frère ne se sentait plus le bienvenu chez notre père et il a emménagé chez notre grand-mère pour aider avec maman et essayer de démarrer sa propre vie. Il n’était pas parfait - on passe tous par des phases - mais il s’est donné tellement de mal avec notre mère. Il avait souvent l’impression de ne pas être à la hauteur, que notre père le détestait, qu’on l’avait laissé souffrir sans aucun guide. J’étais très proche de lui. Il y a eu des moments il n’y avait pas de nourriture chez mamie - elle était trop âgée pour travailler, maman trop malade, et mon frère enchaînait les petits boulots juste pour ramener de l’argent à la maison, parfois en restant le ventre vide. Ça me brise le cœur de penser à quel point c’était dur pour lui. Certaines nuits, il m’appelait en pleurant, il demandait pourquoi Allah lui faisait traverser ça, pourquoi la vie était si dure alors que tous les autres de son âge avaient des familles qui les soutenaient. Pourquoi il devait se battre rien que pour que maman prenne ses médicaments ou sorte de son lit. Pendant ce temps, notre père s’est remarié deux mois après avoir divorcé de maman, quand mon frère avait à peine un an. Il a eu trois autres enfants avec sa nouvelle femme, et quand mon frère est parti de chez lui à 17 ans, papa s’en sortait plutôt bien financièrement. Mon frère voyait ses demi-frères et sœurs avec des vêtements de marque alors que lui n’avait même pas de chaussures ou de sous-vêtements décents. J’essayais de l’aider du mieux que je pouvais, mais mon mari et moi on avait nos propres factures, et parfois je n’avais rien à lui envoyer, et il se couchait le ventre vide. Ça me déchirait le cœur. Pendant trois ans, il a fait des petits boulots, portant une responsabilité qui n’était pas la sienne, et je n’arrêtais pas de demander, pourquoi lui ? Pendant tout ce temps, notre père n’a jamais pris de ses nouvelles. Mon frère a accumulé tellement de rancœur, et pendant le Ramadan il a débarqué chez papa en disant des choses très dures. Mais deux semaines plus tard, il est retourné en pleurant, demandant pardon. Il a dit qu’après avoir prié à la mosquée, il avait senti qu’Allah le guidait pour aller se réconcilier. Ça a lui demander un courage immense. Je ne me rendais pas compte à ce moment-là que ça s’était passé dans ses 40 derniers jours. Aujourd’hui, je suis tellement fière de lui. Deux semaines plus tard, il s’est fait renverser par une voiture à quelques minutes à pied de la mosquée, près de la maison de notre mère. Allah a repris la personne la plus forte que je connais, celle qui a le plus souffert parmi nous les frères et sœurs, et ça me serre le cœur qu’il ne soit plus avec ses trois grandes sœurs et sa petite sœur. C’était notre seul frère, celui qui nous gardait reliées à maman. Je ne verrai plus jamais son sourire, ses mains travailleuses, ni n’entendrai sa voix. On dit qu’Allah reprend les meilleurs d’entre nous tôt, mais pourquoi lui ? Pourquoi a-t-il endurer tant d’épreuves ? Il n’aura jamais sa propre famille, ne rencontrera jamais mes futurs enfants, n’étudiera jamais comme il en rêvait. Maman le pleure profondément - parfois elle dit, " Au moins mon enfant est avec Allah maintenant, pas ici à souffrir avec moi en mangeant du pain sec. " Il méritait tellement mieux. Même quand la vie était injuste, il travaillait sa foi chaque jour.

Commentaires

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Allah yerhamo. Tes paroles m'ont fait pleurer. Son histoire est un témoignage de sabr. Ne te demande pas pourquoi lui-Allah l'a choisi pour une place spéciale. Il est en paix maintenant, plus de faim ni de souffrance.

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J’arrive même pas à imaginer la douleur. Mais souviens-toi, Allah n’impose jamais à une âme plus que ce qu’elle peut supporter. Ton frère l’a portée avec iman, et maintenant il est récompensé. Je t’envoie tout mon amour depuis la Malaisie.

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Ton frère avait l'air d'être une si belle âme. Le fait qu'il ait cherché à réparer ses torts pendant le Ramadan… c'est une miséricorde d'Allah. Son livre s'est refermé alors qu'il demandait pardon. Allahu Akbar.

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Ça m’a brisée. La façon dont il prenait soin de ta mère malgré tout… c’est un chahid, ma sœur. Allah voit chaque larme, chaque nuit de faim. Je prie pour que votre famille trouve la force.

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Je suis tellement désolée pour ta perte. Le pardon que ton frère a accordé à votre père avant sa mort, c’est tellement puissant. C’est le signe d’un cœur pur. Il est avec les justes maintenant, inshaAllah.

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Salam ma sœur, ton frère était un vrai moudjahid dans cette dounia. Son combat me rappelle le hadith sur ceux qui sont le plus éprouvés. Qu’Allah lui accorde le plus haut degré du paradis, ameen.

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