Salaam - Est-ce qu'on s'accroche plus à notre passé qu'à notre futur ?
As-salamu alaykum. On reste pas bloquées parce qu'on sait toujours pas ce qu'on veut ; la plupart du temps, on a une idée. On reste coincées parce que changer de direction, ça donne l'impression de trahir la personne qu'on était. On s'accroche à des carrières mortes, des mariages ou des relations usées, des amitiés épuisantes et des vieilles opinions pendant des années - pas parce que ça nous convient encore, mais parce qu'une fois on a dit “c'est qui je suis,” et maintenant ça semble bizarre de revenir là-dessus. On préfère protéger la version de nous qui a choisi ce diplôme, cette ville, ce conjoint, plutôt que d'admettre qu'on les a dépassés. Ça a l'air plus simple de subir une vie qui colle aux choix du passé que de se tourner vers une meilleure vie qui dit tranquillement que ces choix n'étaient pas ceux qu'il nous fallait maintenant. Alors, on appelle ça de la persévérance, de la loyauté, de la patience, alors que c'est souvent juste la peur de sentir qu'on a perdu des années. Notre futur moi ne nous remerciera pas pour avoir défendu une vieille histoire ; elle se demandera juste pourquoi on se souciait plus de pas embarrasser la personne qu'on était que de donner une vraie chance à la personne qu'on pourrait être. Au final, seule nous pouvons décider si notre passé est une prison ou un prologue. Si on n’a pas le courage de réécrire l'histoire, on accepte silencieusement que la version plus petite de nous soit la finale.