En conflit
Assalamu alaikum. Je suis dans une situation très difficile en ce moment. Je me sens déconnecté de ma foi à un moment critique de ma vie, mais laisse-moi donner un peu de contexte pour expliquer. Je suis un jeune frère somalien, en train de passer mes A-levels, vivant avec mes parents et un(e) frère/sœur. Toute ma vie, mes parents m’ont élevé avec une approche religieuse très stricte, et je leur en suis reconnaissant. Je sais que s’accrocher à la religion c’est important, mais à cause de la pression constante, j’ai commencé à voir tout ce qui touche à la religion comme un fardeau. On me force à faire beaucoup de choses. Depuis le début de cette année scolaire, je vais dans une madrasa somalienne. Honnêtement, j’en ai tiré quasiment rien. J’ai dit à mes parents que ça ne m’aide pas, je n’apprends rien. Mon père est plus compréhensif, et si ma mère n’était pas là, je sens qu’il trouverait une solution avec moi. Ma mère, par contre, refuse d’écouter. Je demande rarement quoi que ce soit ou j’agis de façon égoïste - d’habitude je fais ce qu’on me dit. Je sais qu’on doit obéir à sa mère, mais comment je peux le faire de bon cœur quand elle ne respecte pas mes sentiments ? J’ai l’impression que ma mère, qu’Allah me pardonne, abuse de son autorité, et j’en ai marre. J’ai lu que les parents devraient aussi respecter leurs enfants, et je n’ai pas le souvenir d’avoir jamais été respecté. Mon père ça va, je l’adore, mais je n’aime pas à quel point il est soumis à ma mère. Alors me voilà coincé dans une maison où je me sens méprisé et comme un étranger - ma sœur prend généralement le parti de ma mère quoi qu’il arrive. C’est comme une mini théocratie, et mon amour pour l’islam s’étiole petit à petit. Mon père a remarqué mes difficultés, mais je ne peux pas gagner. Allah nous dit d’obéir à nos mères, alors qu’est-ce que je peux faire d’autre ? J’ai atteint ma limite. Je ne peux plus aimer ma mère inconditionnellement. Au moins une fois par mois, je suis confronté au mépris. Je suis tellement tenté de déménager. Avec tout le respect, si elle n’était pas ma mère mais juste une autre parente, les mots ne sauraient décrire à quelle vitesse je couperais les ponts. Je suis pratiquement un homme mûr maintenant, capable de penser rationnellement, et pourtant on me traite comme ça. C’est vraiment dur à gérer, surtout que je déverse mes émotions en pleine période d’examens. Mes révisions sont affectées, pas seulement par l’ambiance à la maison mais aussi par ces cours inutiles de la madrasa qui perturbent mon emploi du temps. J’en peux plus, honnêtement. Je partirai peut-être dès que je pourrai et je pratiquerai ma religion à ma façon.