Les derniers instants de notre bien-aimé Prophète ﷺ : un adieu déchirant
Autrefois illuminée par la lumière de sa venue, la ville de Médine était plongée dans un silence profond et lourd. La fièvre avait saisi le Prophète ﷺ et ne le lâchait plus. L'homme qui portait le poids du message pour nous tous peinait maintenant à lever la tête. S'appuyant sur sa famille, ses pieds se déplaçant à peine sur la terre qu'il avait bénie, il fit cette dernière marche douloureuse jusqu'à la modeste pièce de notre mère Aisha. Il savait que son temps en dunya touchait à sa fin. À l'intérieur, une profonde tristesse emplissait l'air. Sa fille bien-aimée Fatima, qu'Allah soit satisfait d'elle – elle qui courait vers lui et que le Prophète ﷺ se levait pour accueillir – était assise en pleurs près de lui. Il l'appela et lui chuchota quelque chose à l'oreille. Ses pleurs redoublèrent. Puis il chuchota à nouveau, et à travers toute cette douleur, un doux sourire illumina son visage. Il lui avait dit que son temps ici était terminé, mais lui avait appris la belle nouvelle qu'elle serait la première de sa famille à le rejoindre. Le moment le plus dur pour les croyants survint quelques jours plus tard, pendant la salah. Alors que son ami le plus proche, Abu Bakr, qu'Allah soit satisfait de lui, dirigeait la prière, un rideau fut faiblement tiré sur le côté. Le Prophète ﷺ s'appuya contre le montant de la porte, regardant ses compagnons debout, épaule contre épaule, dans l'adoration. Un sourire brillant et doux traversa son visage usé. Les sahabah ressentirent une telle joie soudaine qu'ils faillirent perdre leur concentration dans la prière, pensant que leur guide allait mieux. Mais le rideau retomba doucement. Ce n'était pas un rétablissement – c'était son dernier adieu silencieux, comme un père regardant avec fierté les enfants qu'il laissait derrière lui. Alors que le matin se levait, sa respiration devenait faible. Il posa sa tête sur la poitrine d'Aisha, son cœur ralentissant. Il nettoya ses dents avec un miswak, se purifiant pour la rencontre avec son Seigneur. Ses yeux se levèrent, fixant quelque chose bien au-delà du plafond de terre. D'une voix à peine audible, il fit son choix : " Ô Allah, avec le Compagnon Suprême. " Sa main retomba doucement. Le sceau des prophètes n'était plus. Dehors, une obscurité écrasante envahit Médine. Des hommes qui avaient jadis affronté des armées tombèrent à terre, se lamentant comme des orphelins perdus. Umar, qu'Allah soit satisfait de lui, brisé par l'incrédulité, dégaina son épée, refusant d'accepter que cela puisse être vrai. Lorsque Bilal, le muezzin si cher à tous, se leva pour appeler à l'adhan quelques jours plus tard, il arriva à " J'atteste que Muhammad... " et sa voix se brisa. Il s'effondra, sanglotant, incapable de terminer. La lumière de leur vie s'était éteinte, et une douleur profonde et creuse resta si lourde que les rues de Médine ne résonnèrent plus jamais de la même joie après cela.