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Douleur que seul Jannah peut guérir

Désolé que ce soit si long. J’essaie de mettre en mots des trucs qui sont coincés en moi depuis des années. J’ai jamais vraiment eu l’occasion d’en parler. Je sais même pas par commencer. Je suis tellement épuisé et j’ai tellement mal. Ça fait sept ans que je suis en dépression sévère sans interruption, pour plein de raisons. Mon bonheur, mes envies, mes rêves-rien de tout ça n’existe dans ce bas monde. Soit c’est impossible, hors de portée, trompeur et ça pourrait mener au haram, soit tellement imparfait que j’en reçois qu’une toute petite miette. En gros, tout ce que je veux vraiment est seulement atteignable au Paradis. Certaines choses c’est comme l’alcool-présent au Paradis mais interdit ici. D’autres sont pas haram en général, mais dans mon cas elles le sont. Je suis un homme, mais ma nature et mes centres d’intérêt sont très féminins. Je me suis toujours senti comme si j’appartenais à l’autre genre, et ça rend l’expression de soi super difficile, et les gens me traitent différemment. Certains désirs sont tout simplement impossibles dans ce monde. Je trouve le bonheur nulle part, même pas la paix. J’ai juste mis mes rêves dans une salle d’attente jusqu’à ce que je puisse les mériter au Paradis. La seule chose qui m’était accessible, c’était les jeux. Ils étaient mon seul échappatoire. Mais à cause de beaucoup de problèmes, j’ai commencé à y passer de plus en plus de temps jusqu’à devenir complètement obsédé, et cette obsession a commencé à me faire du mal. Je jouais toute la journée, mais la famille, les tâches, les soucis d’appareil m’empêchaient toujours de jouer comme je voulais. J’ai même fini par vouloir tout ce qu’il y avait dans ces jeux, y compris les objets payants, mais je suis fauché et je sais que l’islam encourage pas à gaspiller du temps et de l’argent dans ces trucs-là. Finalement, jouer me faisait pleurer et me faisait souffrir, alors j’ai décidé d’arrêter pour de bon. Ça a juste apporté plus de douleur parce que les jeux étaient mon seul échappatoire, mais dans mes circonstances, ils pouvaient plus avoir la même saveur. Ma dépression profonde et ma solitude ont commencé il y a environ cinq ans quand je suis entré au lycée. J’ai un frère jumeau qui gère pas bien les gens et qui se comporte parfois de manière très enfantine. Il a attiré une attention pas voulue sur nous deux, et les camarades de classe ont commencé à nous éviter, puis à nous harceler. J’ai toujours essayé de le défendre, mais ça ne faisait qu’empirer les choses. J’ai décidé de faire profil bas, de pas essayer de me faire des amis, pour que mon frère reste tranquille et arrête de causer des problèmes. Ça a pas vraiment marché, et j’ai fini par me sentir complètement seul et j’ai développé de l’anxiété sociale. Même maintenant, après qu’on soit allés dans des universités différentes, j’ai toujours énormément de mal à communiquer avec les gens. Au même moment, les problèmes avec mes parents ont commencé. Je me plaignais de mon frère jumeau et j’étais tout le temps de mauvaise humeur, et au lieu de soutien, j’ai reçu des réactions dures. J’avais le plus besoin d’eux à ce moment-là, mais j’ai rien eu d’autre que de la colère et des incompréhensions. Pendant trois ans, j’ai pas arrêté de m’excuser auprès d’eux pour " le fait qu’ils me comprenaient mal ", parfois trois fois par semaine. Ma tristesse constante, ma confusion de genre, mon manque de joie, mon addiction au porno, mes combats intérieurs-mes parents voyaient juste ça comme moi qui étais fâché contre eux, alors ils m’ont traité durement. Au bout d’un moment, j’ai perdu toute confiance en eux. Je pouvais plus m’ouvrir ni pour la joie ni pour la tristesse. J’ai juste accepté qu’ils changeraient jamais et qu’ils essaieraient jamais de me comprendre. Je maintiens la paix en faisant tout ce qu’ils veulent, sans jamais me plaindre, sans jamais discuter, juste " oui maman, oui papa ", et je cache ma douleur. Maintenant, ils m’aiment profondément, mais c’est seulement parce que je réprime tout. J’aurais aimé que leur amour vienne du fait que je leur montre de l’amour, pas du fait que je me force à être ce qu’ils veulent. Je dis pas que je les déteste, mais je suis pas sûr de vraiment les aimer non plus. Je me sens pas en sécurité avec eux, toujours sur mes gardes. Au moindre faux pas-comme montrer un petit agacement ou demander quelque chose qui pourrait pas leur plaire-ça redevenait intense, ils se fâchaient, et je m’excusais tout de suite en me rappelant que j’aurais jamais penser qu’ils pourraient s’en soucier. Je suis un introverti, et après ces années de lycée, je suis devenu encore plus anxieux socialement. J’ai essayé de me faire des amis en ligne et dans la vraie vie pendant presque quatre ans, et ça finit toujours pareil : je me fais des amis, je m’attache profondément et je fais passer leurs besoins en premier, et à la fin ils deviennent durs et m’abandonnent. C’est arrivé bien trop de fois. Peu importe à quel point je fais attention ou ce que je change, ils me blessent tous. J’ai juste ignorer la douleur, et les blessures n’ont jamais guéri. J’en suis arrivé au point j’ai complètement abandonné l’idée des gens. J’ai peur de la communication, je veux plus d’amis, je déteste parler aux gens. Si ça semble impoli, tant pis. Mais je peux pas nier que j’ai besoin de quelqu’un dans ma vie, quelqu’un pour m’écouter parler de ce que j’aime, pour discuter de films, d’animés ou d’histoires de jeux. Mais peu importe à quel point une personne a l’air douce et sûre, je peux pas faire confiance ni m’ouvrir. J’ai peur du même résultat, et honnêtement, je peux plus supporter de donner mon temps ou mon énergie à qui que ce soit. J’ai accepté la solitude. Je déteste le fait que j’imagine juste des gens dans ma tête et que je leur parle de choses, qu’elles soient joyeuses ou tristes. Je déteste mon pays et mes origines. C’est une énorme raison pour laquelle ma vie est gâchée. Économiquement, c’est bien en dessous de la moyenne. Même si ma famille est pas pauvre, même les gens qui gagnent un revenu moyen à élevé galèrent ici. Depuis que je suis petit, j’ai été privé de tellement de choses. J’ai toujours voulu des jouets et des peluches mais je me disais que je pouvais pas les avoir. En grandissant, de nouveaux besoins sont apparus, et c’était toujours pareil-je savais que je pouvais pas les obtenir. Je me souviens à quel point ça faisait mal de voir ces choses derrière une vitrine et d’être jaloux des autres enfants. J’ai appris trop tôt que mes désirs sont hors de portée. Même maintenant, quand mon père a eu de meilleurs boulots et me demande ce que je veux, je dis juste que ça va, que j’ai besoin de rien, même quand c’est pas vrai. Mon pays m’a aussi détruit socialement. En plus de ce que j’ai déjà expliqué, la culture, la façon dont les gens pensent et agissent, tout le mode de vie ici-tout est contre ma nature. Mes pensées sont souvent moquées, genre " mais qu’est-ce que tu racontes ? " Ce que j’aime me fait me sentir comme un extraterrestre. Les gens sont tellement toxiques et indifférents, je peux m’entendre avec personne. Je déteste les gens d’ici. Je suis tellement différent d’eux, et j’ai réprimer tellement de choses juste parce que je peux pas m’exprimer ou le montrer. J’ai une forte affection pour les choses féminines. Enfant, je me comportais comme une fille en privé ou devant un miroir, mais j’ai arrêté en grandissant. Mon caractère et mes intérêts sont très féminins. Mais je sais que l’islam et mon pays sont contre le fait d’imiter le sexe opposé. J’ai jamais choisi cette nature, et je peux pas la changer. Je peux pas me forcer à aimer ce que j’aime pas ou à abandonner ce que j’admire vraiment. C’est une énorme raison pour laquelle je galère dans tous les aspects de ma vie. Je peux jamais m’exprimer ou vivre ce à quoi je me sens connecté. Je vis en faisant semblant d’être quelqu’un que je suis pas, en cachant mon vrai moi. Mais que ce soit clair : en tant qu’homme biologique, je ne me comporterai jamais réellement de manière féminine. J’en ai juste le désir, mais religieusement et éthiquement je peux pas emprunter un chemin qui s’en approche. Ça ne fait qu’empirer ma souffrance. Mon addiction au porno a commencé il y a sept ans, et je suis profondément accro. J’ai essayé de toutes mes forces d’arrêter, mais je replonge toujours. Je déteste ça, mais avec toute cette tristesse et ces privations, c’est tellement dur. Même après seulement quatre jours sans, je me sens instable, les pensées sexuelles me bouffent l’esprit, la rage, l’impuissance, l’épuisement. J’ai tout essayé-supprimer des applis, éviter tout contenu sexuel-mais si c’est pas internet, c’est ma propre imagination. Je cherche pas à justifier ; c’est un péché et haram, et je dois arrêter. J’explique juste pourquoi c’est si difficile. Je me déteste tellement. Je peux pas accepter qui je suis. Je refuse de m’aimer. Je ressens toujours ce sentiment de rejet, comme s’il y avait un " moi " à l’intérieur et un corps à l’extérieur que je méprise. Je déteste être vu et identifié comme moi-même. Je prends jamais de photos et j’essaie pas d’améliorer mon apparence. En gros, j’aurais aimé naître quelqu’un d’autre-un physique différent, des origines, un nom, une vie, une famille, un environnement différents. Mais ça arrivera pas, et ça me fait encore plus me détester. Je rumine constamment. Y’a toujours une guerre dans ma poitrine et ma tête. J’imagine des conversations avec des gens que j’ai rencontrés ou jamais rencontrés, je repasse des erreurs passées, des discussions futures, même des moments j’ai reçu un compliment. Même ce texte, je l’ai imaginé en parler plein de fois. Je ressens une chaleur et une douleur constantes dans la poitrine, je peux pas me concentrer, je me sens faible et paresseux. Pendant ces sept ans, j’ai toujours prié et demandé à Allah d’améliorer les choses, de me soulager. Il a jamais répondu. Je me suis senti abandonné, mais après je retrouvais une foi plus forte, je me disais de pas laisser le shaytan m’affecter, d’essayer d’être meilleur religieusement. Mais toujours pas de réponse. Je Le supplie : " S’il Te plaît, j’ai besoin de quelque chose bientôt, j’ai tellement mal, je peux pas le supporter. " J’essaie d’être patient et de croire qu’Il va répondre, mais Il le fait jamais. Parfois je me suis fâché contre Lui, puis je me suis repenti et j’ai essayé de comprendre mes erreurs. J’ai essayé de les corriger, mais même comme ça, peu importe combien je demande et supplie, Il répond pas. En ce moment, tout ce que je veux, c’est le Paradis. J’en ai tellement besoin. Je le désire parce que mon bonheur se trouve là-bas. Je ne désire rien de ce bas monde-ni succès, ni richesse, ni carrière, ni confort. J’y ai bien réfléchi : y’a aucun événement que j’attends ici. Ce monde est une prison, et je le déteste. En vrai, j’attends juste la mort parce que je veux enfin atteindre mes désirs qui sont coincés en état d’attente, et parce que je suis trop épuisé pour supporter la douleur. Il y a environ un mois, j’ai fait de très gros efforts. J’ai arrêté le porno, évité les péchés, prié toutes les salat à la mosquée à l’heure, fait des sunnah, lu le Coran régulièrement, fait du dhikr, des prières de nuit, fait des douas avant le Maghreb et le Fajr, et j’ai continué à essayer d’augmenter les bonnes actions. J’ai supplié Allah de me donner du soulagement comme Il le jugerait bon. Je demandais pas la mort en particulier-juste des résultats sous quelque forme que ce soit. C’était intense ; je me sentais instable, le cœur qui battait vite, une fatigue constante à cause de l’arrêt du porno, mais je me disais de tenir encore un peu. Je m’attendais vraiment à ce qu’Allah réponde bientôt, comme promis dans plein d’ayat et de hadiths. Je galérais vraiment, je ressentais une folie insupportable à l’intérieur. Passer d’un accro profond à arrêter pour toujours, c’est jamais facile. Le plus longtemps que j’ai pu tenir sans pécher, c’était 8 jours. Ensuite je me repentais et faisais des actes supplémentaires, mais des semaines passaient, la douleur était insupportable, et Il répondait toujours pas. Il y a trois jours, j’ai craqué. Je pouvais plus supporter. J’ai pleuré tellement fort, je me suis frappé moi-même, j’ai failli me casser le doigt, j’ai pleuré et ri en même temps pendant une demi-heure. J’avais une foi si forte qu’Il allait répondre, mais maintenant je trouve ça impossible de croire qu’Allah fasse quoi que ce soit. Je me sens encore plus engourdi et épuisé que jamais. Je peux pas bouger, je peux faire aucune tâche. Le lendemain, j’ai remarqué quelque chose de nouveau : mes membres et mon corps sursautaient tout seuls dès que je me sentais stressé. De 2023 à avril 2026, j’ai tenté de me suicider six fois. Chaque fois a échoué parce que j’essayais de faire passer ça pour une mort normale pour que ma famille sache pas. J’ai lu plein de fois que c’est un grand péché impardonnable, et j’essaie de l’éviter. Mais dans cet état, qu’est-ce que je suis censé faire ? J’ai rien que je puisse faire pour atteindre je veux être, à part demander à Celui qui a le pouvoir, Allah, mais Il veut pas répondre. Et j’ai compris qu’Il me fera pas mourir plus tôt juste parce que je le veux. Je désire absolument rien de ce bas monde, je le déteste, je veux pas l’aimer ni m’y attacher. Qu’est-ce que je devrais faire ? Y’a beaucoup de choses qui arrivent dans ma vie-je peux pas échouer ni y échapper, je peux pas laisser mes parents souffrir à cause de mes échecs à la fac, mais je peux pas continuer sans énergie. Quand j’étudie ou je travaille, mon cerveau capte rien ; mes yeux lisent mais mon esprit suit pas. J’ai aucune direction. Je peux pas continuer à vivre juste parce que j’y suis forcé, sans options. Je suis vivant seulement parce que j’ai peur du suicide, rien d’autre. Je suis en vie, juste " en attente ". Je pleure tous les jours, sans raison apparente. J’ai l’impression d’être un cadavre qui respire.Je veux mourir. Je veux trouver ce bonheur que j’attends au Paradis, échapper à cette douleur et à cet épuisement. Je ne veux plus vivre ici. S’il vous plaît, je demande de l’aide. J’ai aucun plan, aucune idée de quoi faire. Je peux plus continuer à fuir la réalité juste pour survivre. Tout ce que je fais, c’est rester à fond dans les bonnes actions, encaisser ce que la vie me balance et supporter toujours plus de souffrance. Et j’arrive même plus à croire qu’Allah fera quoi que ce soit pour moi - et s’Il fait quelque chose, ce sera pas la mort, juste peut-être rendre la vie plus facile, mais c’est pas ça que je veux. J’ai peur de vivre plus longtemps, de devoir affronter plus encore. Mes souhaits, ils attendent, ils attendent, et c’est tellement dur de rester loin de ce que j’aime. Dans un état pareil, est-ce que c’est déjà permis de mettre fin à mes jours ? Que quelqu’un me dise, s’il vous plaît. Et désolé pour le long texte.

Commentaires

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frère
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Ton jihad contre ton nafs est immense. Le fait que tu résistes à tes désirs pour l'amour d'Allah, c'est un signe d'iman. Ne perds pas espoir en Sa miséricorde. Cette douleur pourrait bien être ton chemin vers le Jannah.

frère
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Mon frère, ta douleur est palpable. Rappelle-toi, Allah n’impose pas à une âme un fardeau qu’elle ne peut porter. Accroche-toi à la corde d’Allah, même si c’est juste un fil. Le paradis est réel.

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