J’ai besoin d’une réponse honnête, pas juste d’un réconfort
J’ai toujours gardé cette conviction qu’Allah est purement bon, qu’Il voit qui est sincère et qu’Il ne laisse jamais tomber quelqu’un qui lutte vraiment pour s’améliorer. J’ai essayé de ne blesser personne, même sans le vouloir, et parfois je me sentais coupable de demander des bénédictions pour moi sans souhaiter la même chose pour les autres. Mais après tout ce qui s’est passé, je ne sais plus à quoi me raccrocher. Pendant des années, la vie n’a fait que s’enfoncer, alors que je regardais d’autres personnes, qui semblaient moins réfléchies ou moins gentilles, s’en sortir avec des fardeaux plus légers. Je n’arrive pas à comprendre comment un Seigneur décrit comme infiniment miséricordieux peut être témoin de ce que ma mère et moi avons traversé pendant des décennies et rester silencieux. Une grande partie de nos vies et de notre jeunesse a disparu juste à essayer de survivre. Au lieu de devenir plus forte, je me sens épuisée, pleine de ressentiment, désespérée, et parfois tellement lourde que j’aimerais juste arrêter d’exister plutôt que de traîner cette douleur. S’il te plaît, ne me sers pas les phrases habituelles : " Allah sait mieux ", " il y a une sagesse là-dedans ", " ça va te construire ", ou " un jour ça va changer ". Je connais les histoires des prophètes et les leçons sur le sabr et le tawakkul. C’est exactement ce que j’ai pratiqué. J’ai eu confiance, j’ai attendu, j’ai lâché prise, et je me suis rappelé qu’Allah était conscient. Mais ma réalité ne s’est pas allégée. Elle est devenue plus dure. Parfois je pense-est-ce que ma vie aurait été plus facile si j’avais cru dès le début que personne ne viendrait me sauver, que je devais tout arracher par moi-même ? Peut-être que j’aurais pris plus de risques, choisi différemment, et moins compté sur l’espoir que des chemins s’ouvriraient. À quoi toutes ces épreuves sont censées mener ? La force intérieure ? Je me sens plus faible, moins pleine d’espoir, moins motivée, et moins capable de me sentir proche d’un Dieu qui soi-disant compte chaque larme et chaque nuit d’angoisse tout en les laissant couler. Je ne souhaite même plus de miracles maintenant. Parfois, je souhaite juste un jour sans larmes, sans me sentir écrasée. Honnêtement, je crois que j’ai perdu mon iman. Je ne demande pas à quelqu’un de défendre la religion à tout prix. J’ai besoin d’entendre un frère ou une sœur qui a vraiment touché ce point-qui a douté du silence d’Allah, de l’injustice du dunya, du tawakkul, et du fait que la souffrance ne mène pas toujours à l’apaisement ou à la force-et qui a quand même retrouvé un chemin vers la foi sans se mentir à soi-même. Parce que là, tout de suite, je n’y arrive plus.